Cet article se propose d'appréhender les lieux d'exécution du Moyen Âge non plus comme des espaces uniquement dédiés à la condamnation à mort, mais comme des espaces également dévolus à l'inhumation. Si l'étude vise à mieux cerner le traitement et le devenir de la dépouille des malfaiteurs, elle s'inscrit également dans une approche interdisciplinaire des lieux de justice, approche jusqu'alors jamais envisagée en France. Grâce à des exemples issus de sources textuelles des xiie-xive siècles et grâce aux données fournies par les archéologues et les archéo-anthropologues, plusieurs approches sont ici menées : qu'elles soient d'ordre lexical ou topographique, toutes amènent de premières pistes de réflexions sur l'inhumation des criminels ainsi que sur les prés et les fourches patibulaires qui les accueillent. En se questionnant sur les différentes autorités qui administrent ces espaces d'exécution, le propos vise également à montrer que ces lieux de justice servent à marquer visuellement l'espace, à symboliser des limites de juridiction et à ancrer au sol un pouvoir.
© 2001-2025 Fundación Dialnet · Todos los derechos reservados