La thèse selon laquelle les émotions pourraient être « correctes » ou « appropriées » a reçu dans la philosophie contemporaine deux interprétations. Selon la première, nos émotions sont correctes lorsqu’elles représentent des valeurs qui existent indépendamment de notre perspective subjective sur le monde, de sorte qu’elles pourraient nous amener à découvrir ces valeurs. Selon la seconde, nos émotions sont correctes lorsqu’elles sont congruentes avec notre perspective évaluative subjective et, par conséquent, avec nos attachements affectifs et nos motivations d’arrière-plan. Je défends cette seconde interprétation, en soutenant que la première repose sur une compréhension lacunaire des mécanismes à l’œuvre dans les découvertes émotionnelles. Je propose ensuite un critère de correction qui soit suffisamment libéral pour prendre en charge la pluralité des motivations impliquées dans nos épisodes émotionnels.
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