Aujourd�hui, les ressemblances entre communisme orthodoxe et dissidences radicales paraissent clairement l�emporter sur leurs dissemblances. Au cours des années 1968, le tableau était nettement différent. L�analyse des archives de la direction du PCF montre que, si le gauchisme n�est qu�une de ses préoccupations marginales jusqu�à la fin de l�année 1967, celle-ci prend de nombreuses mesures contre l�extrême gauche. Mais, malgré cette hostilité permanente, en développant tout un discours révolutionnaire, en rajeunissant et en internationalisant sa pratique politique, cette extrême gauche rencontre un certain succès, et organise près de deux mille jeunes militants à la veille des événements de 1968. Alors qu�à la fin de l�année 1967, la direction du PCF pensait avoir réussi à éliminer les dissidences gauchistes, au printemps 1968, la situation s�emballe et elle déclare désormais que la lutte contre le gauchisme devient prioritaire (30 avril 1968). À l�issue du printemps 1968, trois options s�offrent à la gauche française. Celle de l�impatience révolutionnaire (option des maoïstes et des successeurs de la JCR trotskyste), celle de l�abnégation patiente (option du Parti socialiste et, à l�extrême gauche, des autres groupes trotskystes) et, enfin, celle du PCF misant sur une Union de la gauche cimentée par un programme commun. À l�automne 1968, toutes les cartes du jeu politique n�ont pas été encore distribuées.
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