Cet ouvrage étudie comment les conflits ont favorisé l'émergence de nouveaux rapports au politique. Pour cela, l'examen sur la longue durée de terrains variés - de l'Angleterre à Venise, de la Saxe à l'Espagne - permet d'évaluer la construction progressive du politique au cours de guerres étrangères, de guerres civiles aux implications internationales et d'occupations militaires.
Que les conflits internationaux créent du « politique » semble une évidence : ils bouleversent les institutions, les finances et l’économie, façonnent de nouvelles formes d’engagement, induisent une mobilisation, entraînent éventuellement des phénomènes de collaboration. L’objectif des études réunies ici n’est pas tant d’étudier à travers les conflits l’essor de « l’État » en lui-même, que de comprendre dans quelle mesure ils ont favorisé l’émergence de nouveaux rapports au politique. Pour cela, l’examen sur la longue durée de terrains variés – de l’Angleterre à Venise, de la Saxe à l’Espagne – permet d’évaluer la construction progressive du politique au cours de guerres étrangères, de guerres civiles aux implications internationales et d’occupations militaires. Dans quelle mesure assiste-t-on à l’apparition de nouvelles formes de politisation des institutions et des populations ? Les conflits sont-ils toujours politisés ? Les tentatives pour les justifier, au nom d’un bien supérieur, créent-elles de nouveaux rapports au sein des sociétés ? Dans ces conflits, la mobilisation croissante des ressources d’un territoire conduit-elle, dès l’époque moderne, aux guerres dites totales ? L’engagement social s’en trouve-t-il modifié et les modalités, comme les lieux, de la prise de parole politique connaissent-ils des mutations ? Les conflits transforment-ils sans cesse les relations que les différents groupes entretiennent entre eux ? Pour répondre à ces interrogations, cet ouvrage réunit les contributions de 16 historiens venus d’Espagne, de Grande-Bretagne, d’Allemagne et de France qui s’attachent à analyser ces processus de politisation entre le XVe et le XIXe siècle.
Introduction. La politique par les armes.: Conflits internationaux et politisation (XVe-XIXe siècle)
págs. 9-21
Le patriciat vénitien et la guerre contre les Turcs :: débat public, luttes politiques et rivalités institutionnelles à Venise au XVIe siècle
págs. 25-43
Les relations conflictuelles de la monarchie hispanique avec les républiques de Gênes et des Provinces-Unies :: structures institutionnelles et bouleversement politique
págs. 45-59
Du conflit international au conflit local :: refus de l’impôt d’Empire et ingérence politique. Les sujets du micro-territoire Schönburg face à la fiscalité extraordinaire (1648-1806)
págs. 61-76
L’ennemi héréditaire entre croisades et convenances.: Séculariser un concept sacral, Allemagne XVIe-XVIIIe siècles
págs. 77-90
págs. 93-105
Guerre « totale »/guerre limitée :: une lecture politique
págs. 107-125
págs. 127-137
págs. 139-165
Pillage ou droit de prise.: La question de la qualification des écorcheurs pendant la guerre de Cent Ans
págs. 169-182
Confrontation, résistance et politisation :: la guerre d’Indépendance (1808-1814), une rupture cruciale pour l’Espagne ?
págs. 183-200
Les soulèvements populaires de 1799 et 1806 dans le royaume de Naples :: insurrections nationales ou guerre sociale ?
págs. 201-218
Pavie, 1525 :: une année de politisation urbaine
págs. 221-243
págs. 245-257
págs. 259-279
Étrangers et ennemis en Espagne et en Amérique ibérique durant les conflits internationaux du XVIIIe siècle :: la politisation de la nationalité
págs. 281-297
págs. 299-314
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